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Rétro Manga : Princesse Saphir

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Quel est le point commun entre Card Captor Sakura, L’arcane de l’aube et Les chroniques d’Azfaréo ? Ce sont des mangas d’aventure imaginés pour des lectrices – mais rien n’empêche les garçons de les apprécier ! Ces séries, et bien d’autres, sont en fait les petits-enfants de Princesse Saphir.

Pourquoi le lire ?
• Un conte de fées et d’action, entraînant et sans aucun temps mort
• L’histoire moderne d’une jeune femme qui prend sa vie en main
• Osamu Tezuka a redessiné toute la série en 1963 afin qu’elle soit parfaite, et c’est cette version qui sort en France

Allons jeter un œil au Japon, à l’automne 1952. Pour une majorité de Japonais, la vie quotidienne n’est pas facile. Sept ans après la fin de la seconde guerre mondiale, le pays est encore pauvre. Osamu Tezuka est déjà une star : La nouvelle île au trésor, Le roi Léo et Astro Boy sont de grands succès. Avec ses mangas, il veut encourager les jeunes garçons à croire en l’avenir. Mais pourquoi les filles n’auraient-elles pas le droit à une grande histoire, mêlant émotions et aventures ? Il va donc créer Princesse Saphir. À sa naissance, Saphir est une fille, sauf qu’un ange farceur lui a donné deux cœurs, l’un féminin, l’autre masculin ! Afin de succéder un jour à son père, le roi de Silverland, elle doit se faire passer pour un garçon. Saphir aime l’équitation, l’action et l’escrime, autant qu’elle apprécie la beauté des fleurs ou de porter une jolie robe. Cependant, le sournois duc Duralumin connaît la vérité. Il est prêt à tout pour la faire enfermer et installer son propre fils sur le trône royal…

Disneyland Japon ?

Afin de repousser ses ennemis et vivre sa vie comme elle le veut, Saphir va changer d’habits et de rôles, pour devenir un prince, une princesse et un justicier masqué ! Il lui faudra affronter des gardes, des pirates ou encore une sorcière, dans une suite ininterrompue d’aventures. Pour composer ce scénario riche en humour et en rebondissements, Osamu Tezuka s’est inspiré de ses goûts personnels : les premières œuvres de Walt Disney (Fantasia, Cendrillon), la mythologie grecque, les contes de fées et les films d’Errol Flynn, un célèbre acteur américain habitué aux rôles d’aventuriers (Robin des bois, etc.). Il rassemble toutes ces idées dans un univers médiéval ravissant, grâce à son trait rond et hyper dynamique. Princesse Saphir serait-il un manga… pas très japonais ? Au contraire ! Osamu Tezuka a imaginé son héros/héroïne à partir de ses souvenirs d’enfance. Sa mère l’emmenait souvent assister aux spectacles du Takarazuka. Cette troupe de théâtre est composée uniquement d’actrices, qui jouaient donc tous les personnages, masculins ou féminins. Ces spectacles ont marqué à vie le jeune Osamu : dans plusieurs de ses mangas, les personnages se déguisent afin de changer de sexe.

Peau d’homme

Saphir est sans doute le premier personnage non-binaire ou agenré de l’histoire du manga. Il est très peu probable que Tezuka ait voulu parler de trans-identité, ou des droits des LGBT. Dans les années 1950, ces sujets étaient soit inconnus, soit tabous. Mais on peut voir ce manga sous un autre angle : Saphir est une fille qui lutte pour choisir quelle vie mener, et c’est nouveau à l’époque ! Quand ce manga est publié, le poids des traditions et l’autorité des parents sont puissants. Les femmes ne choisissaient pas toujours librement leurs études, ou leur époux. Durant ses aventures, Saphir résiste contre ceux qui essaient de lui dicter sa conduite. Ce classique est à découvrir grâce à une belle (et épaisse) édition en deux tomes, qui inclut en bonus sa suite, intitulée Les enfants de Saphir.

Le savais-tu ?
Le style « garçonne » apparaît au Japon vers 1920 : comme Saphir, de jeunes japonaises aux cheveux très courts portaient aussi bien des robes que des pantalons. Ces rebelles étaient mal vues, à une époque où les femmes devaient être de bonnes épouses !

princesse saphir

  • Scénario et dessin : Osamu Tezuka
  • Éditeur ‏: Delcourt-Tonkam
  • Genre : libérée, délivrée !
  • 440 pages
  • Nombre de tomes au Japon : 2 (série terminée)
  • Public : 10 ans +
  • Prix : 29.90 €